Le village (M. Night Shyamalan, 2004)

Mention: Pour vivre heureux, vivons cachés

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Réalisateur: M. Night Shyamalan

Acteurs:  Bryce Dallas Howard, Joaquin Phoenix, Adrien Brody, Sigourney Weaver, William Hurt

Pays d’origine: Etats-Unis

Genre: Thriller fantastique

Date de sortie:  30 juillet 2004 au Canada, 18 août 2004 en France, 25 août 2004 en Belgique

Durée :   102 minutes

Titre original:   The Village

Cette critique contient des spoilers sur certains moments-clés de l’intrigue.

Dans « le village », une communauté vit recluse du monde et de ses villes en adoptant un style de vie précaire et sectaire. Cette communauté régit à ses propres règles. Le village est ainsi délimité par la forêt environnant les lieux, peuplée de créatures monstrueuses, aussi nommées « ceux dont on ne parle pas ». Deux choses y sont essentiellement prohibées:la première est l’argent, ou toute forme de monnaie courante car la monnaie corrompt l’homme. La seconde est la couleur rouge, celle du sang, qui a donc été engendré par la violence qui y est intolérable. En contrepartie de cette absence de rémunération, chaque habitant doit entretenir le village pour que celui-ci et ses « gourous » y assurent la protection de son propre peuple. Mais un évènement va survenir et perturber la paix et la tranquillité en son sein…

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De prime abord, le film de Shyamalan arbore une certaine part de mystère et exhibe un aspect énigmatique. Mais par la suite, le long se révèlera être très intéressant d’un point de vue social et se prête aisément à l’analyse. En effet « le village », mélange entre film fantastique et thriller, est une étonnante thèse sur l’individu(alisme) d’une 1h40.

Les thèmes abordés ici par Shy sont ceux du rapport à l’individu, du collectivisme, de la collectivité, du courage,de la peur de l’autre, de l’amour, de la religion et de la manipulation, positive voire même affective.

Sa part de fantastique, « le village » la conserve jusqu’au 3/4 du long-métrage, répondant de ce fait directement aux questions que nous nous posions et délivrant un puissant et étonnant message sur l’amour que l’on peut porter à autrui. « Jusqu’où irions-nous pour sauver celui ou celle que l’on aime? Quels sacrifices serions-nous prêt à endurer pour libérer l’être aimé? »

Outre les thèmes repris ci-dessus, nous pouvons également noter un certain rapport à l’enfance et la naïveté qui va avec, comme par exemple lorsque Ivy franchit les frontières de « notre » monde et paie le première autorité qu’elle croise avec des galets.
Notre monde, dont on ne perçoit finalement qu’une route, et un poste de police sur celle-ci. (Subtil caméo de Shy au passage)

Cependant, quelques nuages grisonnants s’annoncent dans ce paysage idyllique.
Premièrement, la scène dans laquelle Ivy affronte ses peurs en traversant la forêt interdite. Aussi magnifique soit-elle, cette scène décrédibilise complètement le personnage de Bryce Dallas Howard, qui est censée incarner une non-voyante. (dont la scène pousse la protagoniste à agir dans le sens opposé à la définition même de « non-voyant »). Ensuite, autre souci dans cette scène; le montage impacte sérieusement l’effet de surprise sur l’identité du tueur, substitution du fou du village, qui s’annonce être trop prévisible.

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Le dernier reproche à faire à ce film réside dans le plan final. La manière dont Shy conclut son film peut décevoir. Il aurait été plus percutant que Lucius décède (N’y voyez par là aucun fatalisme) car ce fragment de scène aurait été une formidable antithèse au travail de Shy. En effet, la communauté du village se veut auto-suffisante. Or, elle ne l’est pas. Ou pas entièrement. Il n’y persiste aucune forme concrète de médecine dans cet lieu. Ce retournement de situation aurait apporté une remise en question sur les communautés qui se veulent être auto-suffisantes, et aurait apporté davantage de questionnements sur notre besoin de vivre à travers l’autre, dans nos sociétés occidentales individualistes mais dont il est pratiquement impossible de survivre seul, sans personne à nos côtés. Toutefois, le film traite bel et bien du thème, ô combien vague et vaste de l’amour.

A défaut d’y trouver un film à twist fantastique, shy nous livre un long-métrage qui aborde le déclin de notre société, en constante évolution du progrès mais en totale régression du système, à travers les yeux d’une communauté anti-évolutionniste et anti-progressiste, en marge du fonctionnement de notre monde, et nous offre généreusement de ce fait un conte, une fable sociale très satisfaisante.

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